Restitution Contribution aux Etats Généraux

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Les réflexions introductives et les débats qui se sont enchaînés au cours de cette journée ont permis de poser un cadre large pour l’analyse et pour l’action.

 

S’entendre sur les termes est un point de départ essentiel pour appréhender pleinement les enjeux. Ainsi, la question qui peut nous mobiliser dans la perspective des Etats généraux du travail social est bien celle du travail social, au-delà donc des questions relatives aux travailleurs sociaux, qui sont à intégrer dans un ensemble. Cette conception globale, comme le soulignait en fin de journée une participante, était bel et bien présente chez Nicole Questiaux. Elle suppose une mobilisation de tous les protagonistes : usagers, travailleurs sociaux, associations, partenaires sociaux, pouvoirs publics.

 

Finalement, il serait important de ne pas passer à côté de cette opportunité qui vient des usagers, avec leurs insatisfactions, leur capacité à « provoquer » les associations. Comment bien recevoir cette interpellation ?

 

Agir en pleine connaissance de la réalité est une autre dimension soulignée par les débats. Il s’agit autrement dit de ne pas tomber dans un récit magico-rituel : les usagers parleraient, on les entendrait, on aurait des remontées de tout le monde, on serait d’accord, …. Il serait plus sain, selon un participant, d’assumer une conflictualité raisonnable, chacun des groupes d’acteurs étant à sa place : des usagers qui s’expriment à leur place, des administratifs qui soient des administratifs, des politiques qui soient politiques, etc. Un véritable débat ne peut avoir lieu sans clarification des postures.

 

Ainsi, il faudrait reformuler la question comme une question politique d’ensemble – celle de la politique publique d’action sociale - plutôt que de la centrer sur une catégorie d’acteurs précisément nommée. Il ne s’agit pas seulement de penser ou de fonder le travail social, mais de remettre en perspective nos conceptions et anticipations du vivre ensemble, selon un mode qui n’est pas nécessairement celui d’il y a 20 ou 30 ans. Dans cette perspective, il est important de lever les confusions sur l’usager avec des questions à situer véritablement au niveau de la citoyenneté. 

 

Et même si un certain flou subsiste, même si les incertitudes sur les fondements et les repères peuvent présenter l’inconvénient d’un caractère un peu bancal, il serait en tous cas dommage de ne pas saisir l’opportunité d’un débat public large. Le souhait partagé semble donc en définitive celui d’un vrai débat démocratique, qu’il nous appartient de revendiquer et de nourrir. Il s’agit de faire tomber les murs, d’ouvrir les cadres dans lesquels les situations, les réponses devraient être inscrites. Mais ce soucis de concert, de pragmatisme, d’invention, s’inscrit dans un projet politique et sociétal : certes, inventer la société suppose de développer des démarches de projet dont la dimension utopique n’est pas exclue. Mais ré encastrer le social  dans la société suppose de témoigner de l’ampleur des phénomènes d’exclusion, de peser pour des choix qui portent des politiques sociales conçues autrement que comme un déversoir…

 

Agir dans cette perspective suppose donc d’être en capacité de porter des expériences, de porter des convictions, mais aussi d’être audible. Car pour être entendus, il faut avoir le souci de s’exprimer pour être compris par le plus grand nombre.  Un véritable travail d’élaboration demeure à opérer car les questions sociales, les conceptions du travail social, de l’action sociale, sont souvent enfermées dans une technicité, un jargon, qui masquent les options fondamentales qu’il serait important de mettre en lumière.

 

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