Intérêts particuliers et enjeux sociétaux

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Des courants contradictoires s’entrechoquent en ce début de XXIème siècle : désirs antinomiques entre un énoncé volontariste de penser une société plus solidaire et inclusive et une pression populaire qui marque fortement le positionnement de forces politiques de type populiste, autour d’un repli sur soi, dans une dynamique d’exclusion de la différence.

Comment dès lors développer des pratiques en action sociale individuellement promotionnelles et socialement progressistes qui dépassent ce paradoxe ?

Le repli vers des actes professionnels codifiés, standardisés, répondant aux « attentes » des décideurs peut être une réponse à la difficulté des travailleurs sociaux à se situer dans un monde dont les perspectives d’évolution demeurent inquiétantes et dans lequel l’engagement politique de l’action sociale a perdu de sa capacité d’interpeller les changements de la société.

Par contre, la démarche volontariste d’un engagement qui articule les actes et leur sens politique pourrait offrir un contre feu à une passivité néfaste à l’ensemble de la société et aux intéressés eux-mêmes.

La défense des intérêts particuliers ne suffit pas à redonner de la vigueur aux engagements. Même s’ils demeurent indispensables à la sauvegarde de la qualité du travail et de l’équilibre personnel, ils ne sont pas suffisants au développement de projets qui viennent transcender le quotidien, nécessaire à une action sociale de qualité.

La responsabilité est multiple : lieux de formation, consultants, associations gestionnaires et d’usagers, directions, professionnels eux-mêmes, qui enferment les pratiques dans des codifications simplificatrices excluant la dimension politique de l’action sociale.  Chacun porte sa part de responsabilité dans la mise à distance de la dimension politique de l’action sociale.

Les usagers, dont la voix porte bien plus que par le passé, doivent aussi se considérer comme vecteurs influents des politiques publiques. Leurs attentes sont guidées par un vécu spécifique et individuel. Les aider à dépasser leurs propres intérêts, justement recherchés, pour envisager des effets collectifs et sociétaux pourrait peut-être leur donner le souhait de s’engager dans une responsabilité, à partager avec les professionnels, pour prendre en compte l’intérêt général.

C’est aussi tout l’enjeu de l’empowerment qui restitue enfin aux acteurs sociaux ou aux usagers leur capacité d’agir sur le destin.

C’est dans cette réflexion partagée entre professionnels et usagers que doivent se repenser les réponses qui viennent interpeller la dimension politique de la place de chacun au sein d’un espace de vie, commun.

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