Les bonnes pratiques du « care » : pour qui ?

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Il a fallu emprunter au langage et aux références anglo-saxonnes pour qualifier l’art de prendre soin qui est au cœur des pratiques du travail social. Cet emprunt semble rendre plus explicite la distinction entre le fait de soigner et celui d’accompagner et de soutenir. « Cure » renvoie au curatif, « care » à la capacité de prévenance et de bienveillance portée à autrui.

« Care » est ainsi devenu le terme incontournable, l’alfa et l’oméga des attitudes professionnelles. Comme tout mouvement de mode, cette posture déontologique tend à se dégrader en normes de « bonnes pratiques », à se figer dans des standards comportementaux. Cette démarche simplifiante d’un concept riche et multiforme tend à focaliser la question du care sur le seul bénéficiaire, isolant les conditions de l’aide bienveillante des contextes dans lesquels elle se déploie : politiques sociales qui fixent les objectifs des missions, moyens mis à disposition par la puissance publique, organisation du travail, qualification et compétences des intervenants, qualité des liens professionnels et hiérarchiques, climat de travail, etc.

Il n’y de care authentique – et efficient – qu’en prenant en compte tous ces éléments qui font système autour de la personne accompagnée. Et, comme facteur déterminant conditionnant tous les autres, le care de ceux que nos amis canadiens nomment les « care givers », le prendre soin de ceux qui prennent soin de ceux qui ont besoin de care.

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