Pas de tri pour les sans-abri !

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Le ministre de l’intérieur a choqué les acteurs de la solidarité par la présentation de son projet de contrôle de la situation administrative des étrangers séjournant dans les centres d’hébergement.

Il s’agit purement et simplement d’envoyer des équipes formées d’agents de l’Office Français de l’Immigration et de l’Intégration (OFII) et de personnels préfectoraux pour vérifier le statut des étrangers hébergés. Les personnes sous statut Dublin[1] ou déboutés du droit d’asile pourront alors être exclues du dispositif d’hébergement.

Les associations ont affirmé qu’elles s’opposaient totalement à l’idée d’effectuer un tri des sans-abri. Une vingtaine d’entre elles[2] ont publié un communiqué pour dénoncer cette politique gouvernementale qu’elles jugent inacceptable.

Elles affirment que l’accueil inconditionnel des personnes en détresse est un principe socle de l’action sociale française mais aussi l’ADN des associations de lutte contre l’exclusion.

Les associations réaffirment quelques principes fondamentaux : Les centres d’hébergement sont protégés d’interventions intempestives de la police, sauf décision de justice ; La CNIL encadre strictement les conditions de communication des données nominatives personnelles ; Le renforcement des contrôles de ces publics menace leur repli vers des hébergements précaires (squats, campements indignes…) ; Le statut Dublin n’est pas automatique, l’État pouvant examiner la demande d’asile de ces personnes[3].

Au-delà de cette indignation du secteur associatif, ne risquons-nous pas d’entrer dans une dérive sécuritaire, poussée par une montée des extrémismes en Europe et dans notre pays, visant les populations les plus fragiles ? Qu’en est-il du mot de solidarité inscrit dans notre constitution ?

N’est-il pas temps de poser la question de l’objection de conscience lorsque nos valeurs communes, ciment de notre communauté de vie, ne sont pas respectées à la hauteur de notre contrat social ?

 

[1] C’est-à-dire entrées sur le territoire européen (espace Shengen) dans un autre pays que la France et donc susceptibles d’y être renvoyés pour y instruire leur demande d’asile.

[2] Fédération des acteurs de la solidarité, Fédération d'Entraide Protestante, La Cimade, Fondation de l’Armée du Salut, Emmaüs France, Emmaüs Solidarité, Fondation Abbé Pierre, Médecins du Monde, Secours Catholique, UNIOPSS, Samu Social de Paris, Dom’Asile, Ligue des droits de l’Homme, Association des Cités du Secours Catholique, Le Refuge, Amicale du Nid, Centre Primo Levi, JRS France, Association Aurore, France terre d’asile, UNICEF France.

[3] Cf. Le Monde du 08/12/2017.

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