Qui porte la service public ?

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Cet agent de pôle emploi, travaillant dans une agence d’un quartier de la banlieue parisienne, explique que c’est par choix qu’il œuvre ici depuis quinze ans, auprès de publics fortement précarisés. Il explique : « Là, au moins, je me sens utile à quelque chose. »

Cette aide-soignante en Etablissement d’Hébergement pour Personnes Âgées Dépendantes, raconte que, tous les matins, quand elle entre dans la chambre de cette résidente, elle se fait cracher dessus. Elle explique : « Je continue quand même à lui dire gentiment bonjour parce qu’elle ne se rend pas compte de ce qu’elle fait et elle aussi a besoin d’être aimée. »

Cette auxiliaire de vie d’un Service d’Aide à Domicile relate combien c’est difficile pour elle de rentrer dans certaines maisons, ne sachant pas ce qu’elle va y trouver tant les situations sociales se dégradent de jour en jour sous ses yeux. Mais elle dit aussi « Si nous n’étions pas là, ces gens ne rencontreraient plus personne de la journée. »

C’est dans ces petits gestes de bienveillance distillés au quotidien que se manifeste la fraternité dont peut s’enorgueillir notre République. Ce sont ces hommes et ces femmes de l’ombre qui portent à son plus haut niveau cette notion de service public, qui est d’abord un service « au » public.

Dans un contexte où il est reproché à l’action sociale et médico-sociale de coûter trop cher, où il est affirmé que la France ne peut plus se payer le luxe de services publics aussi dispendieux, il est urgent de prendre conscience de l’utilité sociale irremplaçable des acteurs de terrain, véritables porteurs du service public.

En quoi notre impuissance à faire valoir cette richesse du quotidien empêche à ces actions d’occuper le devant de la scène médiatique ?

En quoi seule la dimension économique a le droit de cité dans les propos des politiques et des journalistes au dépend de la plus-value humaine qui devrait occuper l’équilibre dans l’analyse des évolutions sociétales ?

Ne renvoyons sur personne d’autres que nous-même la responsabilité de sensibiliser la société à l’importance de prendre en compte la dimension solidaire des professions œuvrant dans des missions de service public pour maintenir des relations apaisées, dans le respect de nos principes républicains.

Faisons valoir la nécessité de la redistribution des richesses par l’impôt, seul à même de constituer des politiques publiques qui permettent de maintenir la solidarité au sein de la communauté de vie.

Dans le cas contraire, seules les bonnes volontés individuelles seront à même d’explorer des ressources pour faire valoir des actions politiques qui perdraient leur caractère identifiable, évaluable et démocratique.

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