Va-t-on jeter le bébé avec l’eau du bain ?

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Depuis quelques semaines, les déclarations de représentants du gouvernement, sous couvert de bonnes intentions visant à inclure chaque personne dans tous les espaces de la vie sociale, développent une inclusion de l’ensemble des personnes handicapées, en particulier dans le système scolaire.

Qui pourrait avoir à redire de ces énoncés politiques, tant le principe républicain devrait être enfin respecté : un espace social pour tous, quelles que soient nos différences !

Il est désormais une évidence que tout enfant doit avoir sa place dans le système scolaire public.

La question de l’inclusion ne devrait plus se poser en ces termes puisque généralisée. Par contre, se pose la question des enfants qui ne peuvent pas, en fonction de leur handicap ou des manifestations de celui-ci, suivre un cursus scolaire traditionnel, de manière permanente ou même partielle. Ces enfants doivent pouvoir bénéficier d’un accompagnement spécifique et compétent, réalisé par des professionnels de qualité.

Poser comme principe que « pour que l’école devienne inclusive, les professionnels de santé doivent accompagner les enseignants » (interview de Sophie Cluzel au journal Sud-Ouest le samedi 10 février 2018) revient à dévoyer la mission qui leur est confiée pour permettre aux enfants de dépasser leur situation de handicap. Leurs actions doivent donc d’abord et avant tout être dirigées vers une amélioration de la situation de l’enfant, et non de l’enseignant.

Pour ce faire, les professionnels de santé doivent réaliser leurs actions en faveur des enfants « sous égide institutionnelle ». Car contrairement à ce qui est sans arrêt énoncé, en France comme à l’étranger, seules les actions réfléchies collectivement, en équipe et en concertation étroite avec les détenteurs de l’autorité parentale, peuvent assurer une sécurité, une complémentarité de compétence, une réponse, la plus juste possible.

Non ! la « désinstitutionnalisation » n’est pas une évolution, elle représente un recul grave quant à la qualité des soins que nécessitent les enfants porteurs de handicap. Même si ceux-ci se font dans un cadre ambulatoire.

Non !  la plateforme de services n’est pas une réponse satisfaisante et sécurisée pour répondre aux besoins de ces enfants. Les professionnels sont avant tout au service des enfants et garantissent leurs actions par la réflexion collective de personnels de compétences plurielles.

Ne jetons pas le bébé avec l’eau du bain !

Les équipes interdisciplinaires ont montré leur capacité évolutive, voire leur capacité novatrice pour répondre au mieux aux évolutions sociétales et des enfants (Cf. les derniers décrets faisant évoluer les pratiques médico-sociales). Saupoudrer les compétences, est une fausse bonne idée ne servant ni l’intérêt des enfants, ni l’aide pour ceux qui y sont confrontés.

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