Les chatouilles

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L’agression sexuelle sur enfant est un sujet grave. Si grave qu’il mérite un traitement cinématographique sérieux. C’est hélas le contraire de ce film qui choisit la légèreté à travers le récit d’une thérapie psychanalytique d’une danseuse de hip-hop au caractère trempé. Il y a quelque chose dans cette histoire qui fait penser aux excès de cinéma d’un certain Cyril Collard qui mettait en scène la chronique de sa disparition dans des outrages et des cris à la limite de l’hystérie.

Il est difficile de rejeter en bloc un tel film. En effet, on ne peut pas nier que certaines scènes sont particulièrement touchantes, particulièrement quand il s’agit de prendre le point de vue de la jeune victime ou celui des parents, qui hésitent entre rejet, déni, compassion et colère. La palette des troubles réactionnels face à de telles monstruosités est plutôt bien racontée. Mais dès que la réalisatrice cède à la caricature d’elle-même dans un personnage excessif et vulgaire, le récit s’enfonce dans une série de scènes agaçantes, voire dérangeantes.

Pour autant, « Les chatouilles » démontrent un talent de réalisateur certain. Adaptée d’une pièce de théâtre, la mise en scène ne parvient pas à dépasser le caractère démonstratif du récit. On se demande même si l’écriture des dialogues ne vient pas à l’encontre du genre cinématographique. Toutefois, on saluera la performance des comédiens, et particulièrement celle de Karine Viard qui, pour une fois, n’interprète pas un personnage vulgaire et réducteur. En conclusion, si le talent est perceptible, on attend avec impatience le second film.

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