Lindy Lou, jurée N° 2.

ImprimerImprimerEnvoyer par emailEnvoyer par emailTélécharger en PDFTélécharger en PDF

C’est une grand-mère comme les autres, qui passe du temps avec sa petite-fille devant un lac. On est aux Etats-Unis. En réalité, Lindy Lou est une femme ravagée par la culpabilité d’un procès où elle a fait condamner à mort, avec d’autres jurés, un assassin. Elle va même, lors de la séquence d’ouverture du film, sonder sa petite-fille si elle-même n’est pas une criminelle. La réponse de l’enfant, absolument troublante, pose d’emblée la problématique de la peine de mort qui interroge la légitimité de personnes innocentes à décider de la fin de vie de personnes, aussi monstrueuses soient-elles.

Le reportage constitue le projet de vie de cette Lindy, dont on pressent en permanence l’ambivalence des sentiments et de la pensée. Elle va à la rencontre des jurés qui ont participé avec elle à la mise à mort unanime du monstrueux assassin. Il faut  reconnaître que le projet est ambitieux et courageux dans une Amérique des classes moyennes, semi-urbaines, où, sous couvert de religiosité, justifie le retour de la morale et le rejet des différences. En fait, « Lindy Lou, juré N° 2 » est tout autant un film sur le parcours de rédemption d’une femme qu’un regard sur cette Amérique de Trump, hantée par la résurgence des fondamentalismes et des nationalismes.

Si le propos est très intéressant, on regrettera un rythme assez lent qui ne permet pas au spectateur de s’identifier à cette femme. Aussi, si l’on est prêt à croire à l’abondance de propos religieux sur les murs des rues, et de signes ostentatoires qui abondent les maisons, la vision semble pour le coup assez réductrice.

Ajouter un commentaire

You must have JavaScript enabled to use this form.

CAPTCHA
Cette case à cocher permet d'éviter le spam