Mademoiselle de Joncquières

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Découvrir un film d’Emmanuel Mouret est toujours une expérience risquée. Risquée au sens de tomber dans un ennui consternant, bourgeois et parisiano-centriste. Grande nouveauté dans ce « Mademoiselle de Joncquières » qui est sans doute le meilleur des films du réalisateur, le regard est déplacé dans l’univers de la noblesse du XVIIIème siècle. On retrouve la même ironie, la même légèreté frivole, la même cruauté des rapports sociaux qui caractérisent la filmographie de Mouret. Mais cette fois, le ton est résolument plus sarcastique, le rire prenant le pas dans ce récit dense où il est question de manipulation, de lutte des classes et d’émancipation féminine.

La grandeur du film est totalement liée à la prestation incroyable des comédiens, et en particulier Cécile de France et Edouard Baer. Les deux acteurs ne sont pas du tout attendus dans ce genre de film. Et pourtant, ils excellent dans ce rôle de noble, sans jamais tomber dans la vulgarité, la facilité et la caricature. La cruauté, la maladresse et l’émotion affleurent dans chacun des personnages qui cherchent à trouver une issue à leur névrose et leur vide. Même la jeune Mademoiselle de Joncquières et sa mère se cherchent une raison à exister dans un contexte où leur féminité et leur statut sont déshonorés. Quant à Madame de la Pommeraye, qui évolue entre tristesse et cruauté, elle poursuit sa quête identitaire et amoureuse dans des faux-semblants chers au cinéma de Mouret.

Voilà donc un film franchement réussi où le spectateur ressort secoué de rires et de pensées sur la nature humaine. La démonstration est faite que Diderot est un auteur éternel.

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