Mon cher enfant

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C’est un couple de la classe moyenne tunisienne comme les autres. Il est chef de chantier, elle est universitaire et ils élèvent leur grand fils qui va passer son bac. « Mon cher enfant » plonge le spectateur dans un pays du Maghreb, dont on parle aujourd’hui beaucoup plus de l’après révolution arabe, que du risque de radicalisme religieux qui pèse sur sa jeunesse. De ce point de vue, le film est extrêmement intéressant. D’abord, parce qu’il ne choisit pas de mettre en scène une famille tourmentée et misérable. Au contraire, le réalisateur décrit une cellule familiale quasi universelle, qui peut servir de miroir à nombre d’entre nous. Il s’agit de gens instruits, au niveau économique moyen, aimants dont on est à mille lieux de s’imaginer qu’ils pourraient perdre leur fils.

Mohamed Ben Attia, dont c’est la deuxième œuvre de cinéma, est un cinéaste brillant et engagé. Il prend le risque de la critique sociale dans un pays encore fragile, qui n’est pas toujours enclin à accueillir une telle vision de la société. La caméra s’invite dans cette famille dont on a peine à imaginer qu’il s’agit de véritables comédiens. Le point de vue réaliste est totalement assumé, grâce à une mise en scène sobre et délicate.

« Mon cher enfant » est un film touchant et indispensable pour comprendre la perte de repères qui traverse une partie de la jeunesse du monde. C’est un long-métrage qui s’adresse à tous les spectateurs, quelle que soit leur origine, et en quelque sorte, fait un bras d’honneur esthétique contre le radicalisme et l’intolérance.

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